BO de mes 20 ans: Blues pour Elise, Léonora Miano

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J’en tourne à l’instant la dernière page. Léonora Miano a écrit le roman que j’attendais depuis de nombreuses années. Un roman qui parlerait de femmes afropéennes comme moi, de nos doutes, de nos questionnements, de nos avancées, de nos espoirs.

Ce roman est une galerie de portraits de femmes et d’hommes de la France d’aujourd’hui,  dessinés sur fond d’une musique qui n’est pas qu’un simple accompagnement, mais une strate de sens supplémentaire, une bande-son nécessaire à la description de ces vies.

Révolution du point de vue.

Les femmes dans Blues pour Elise ne cherchent pas leur place en temps que françaises. Il ne s’agit pas de savoir si elles le sont, mais d’ajouter une autre modalité de l’être. Les interrogations des personnages de Blues pour Elise sont à la fois spécifiques et universelles. L’écriture incisive, nerveuse, précise, ajustée, le propos clairvoyant de Léonora Miano brosse des portraits attachants de personnages qui cherchent l’amour: quoi de plus universel?

Ces femmes auraient pu être mes amies, il y a dix ans. Elle portent des vêtements de créateurs afropéens, des bijoux DivinéA. Elles redécouvrent leurs cheveux naturels… ou pas. Elles écoutent la musique que j’ai écoutée à ce moment-là. J’ai ressenti en la lisant, ce que j’avais déjà ressenti en lisant Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie, sauf qu’il s’agit ici de ma langue, d’endroits que j’ai fréquentés, en un mot, il s’agit de ma vie!