Cyclones, une esthétique du vortex

Une femme finit par laisser entrer une autre femme chez elle, une nuit de cyclone. Elle ne se doute pas du cataclysme que cette arrivée va provoquer.

Lorsque Cyclones a été donnée, au pitt Colonnette, il y a quelques années, je n’avais pas pu y aller. J’espérais une autre représentation… et elle est finalement arrivée, le mois dernier.

C’était donc avec l’excitation d’une attente de plusieurs années que je me suis rendue au pitt Colonnette. Première fois dans un « vrai » pitt, le voyage commence dès l’arrivée dans le lieu.

Beaucoup de femmes dans le public, la quarantaine de moyenne d’âge. L’ambiance est décontractée le temps que l’arène du pitt ouvre. Puis on laisse entrer les spectateurs au compte-goutte, car la configuration du lieu ne permet de laisser entrer qu’une seule personne à la fois. On s’installe, les gradins sont faits de planches irrégulières, sensation vertigineuse de s’asseoir au-dessus du vide.

On discute encore un peu, j’observe l’imbrication des planches, le choix polychrome de la décoration, l’odeur de Purina qui vient d’en-dessous de nous ne nous laisse pas oublier l’activité principale du lieu.

Et puis les lumières sont éteintes, la scène est soudainement créée et pas, ici, de quatrième mur. La scène est circulaire, nous sommes comme projetés au centre du tourbillon de ce spectacle.

Une esthétique du vortex

La scène est circulaire. Les deux personnages se tournent autour dans une tension où la domination change constamment de camp. Le vent qui souffle à l’extérieur n’est qu’une faible menace en comparaison avec celui qui fait rage à l’intérieur. Les corps s’enroulent et se déroulent dans des vêtements, des tissus qui les protègent ou les étreignent tour à tour. Car si les mots font sens, ce sont surtout les corps qui parlent, de plus en plus fort, jusqu’à la révélation finale.

 

Voir Cyclone a été pour moi une expérience de vie au delà d’une simple sortie au théâtre; cette pièce résonne encore en moi plusieurs semaines après l’avoir vue et je ne suis pas près de l’oublier.

Si jamais cette pièce est donnée près de chez vous, courez-y!

Cyclones:

Compagnie T.R.A.C.K.

Auteure et comédiennes:

Daniely Francisque, Gloriah Bonheur

Mise en scène et scénographie:

Patrice Le Namouric

 

A voir: Les 23 et 24 janvier, dans le cadre du Festival des Petites Formes de Tropiques Atrium Théâtre National, Fort de France,  Moi, Fardeau Inhérent, texte: Guy-Régis Junior • mise en scène et interprétation: Daniely Francisque

 

 

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